avril 15, 2019

Transmission d’entreprises : mythes et réalités – La problématique

Par rhonefinance sur : Entreprises
Pour un chef d’entreprise, vendre son affaire est trop souvent un sujet tabou. Bien que cet événement soit tout à fait normal, surtout lorsque l’entrepreneur approche de l’âge de la retraite (20 % ont plus de 60 ans et cette proportion est en croissance), cette problématique reste malheureusement sous l’étouffoir comme s’il s’agissait d’une maladie honteuse. Le leitmotiv est qu’il ne faudrait surtout pas déstabiliser l’organisation, au prétexte que les parties prenantes, salariés et clients notamment, ne doivent pas être inquiétées ; alors qu’au contraire, c’est l’absence de communication et de visibilité à moyen terme sur le devenir de l’entreprise, qui génère de l’inquiétude au point de voir s’écarter collaborateurs efficaces et clients stratégiques.
Puisque la cession est « refoulée » comme un « non-événement », trop peu s’y préparent et les statistiques sont sans appel : une entreprise mise à la vente sur deux ne trouve pas preneur et une transmission sur trois se solde par un échec entre trois et cinq ans après la cession. De plus, ces données n’intègrent pas toutes les entreprises qui se retrouvent amputées de savoir-faire immatériels, sorties avec le cédant, et qui voient ainsi leurs performances s’essouffler… En conséquence, cette impréparation notoire génère un gâchis économique et social considérable portant gravement préjudice à l’économie des territoires, à l’emploi ainsi qu’au patrimoine propre des cédants et repreneurs.
Il faut comprendre et admettre que, le moment venu, il n’y a pas d’entreprise pérenne sans transmission réussie et que c’est au chef d’entreprise d’assurer cette impérieuse pérennité. A contrario de l’arthrose qui affecte souvent les articulations des seniors, « le passage de témoin » à la tête d’une l’entreprise n’est pas une dégénérescence, mais seulement un cap naturel à franchir et il est à espérer qu’elle puisse en connaître de nombreux au cours de son existence. Attention, on ne transmet pas un bilan, un compte de résultat et des annexes au moyen de techniques juridiques et financières plus ou moins sophistiquées. Les agrégats comptables ne sont que les conséquences de causes profondes comme la vision stratégique, les savoir-faire, les métiers, la capacité à créer de la valeur, l’agilité permettant à l’entreprise de se réinventer en permanence, la faculté de créer du sens pour ses collaborateurs ainsi que du lien avec ses partenaires… C’est l’ensemble de ces processus de création de richesses constituant l’ADN de l’entreprise qu’il va falloir packager, présenter et vendre !

Attention trop souvent dans les structures petites et moyennes « le patron » est le centre de l’organisation. Il décide des orientations, il a la main mise sur les relations clients et fournisseurs, il décide des investissements, il gère le personnel, les conflits sociaux, les relations avec tiers… Bref, tel le Roi Soleil, notre patron porte la totalité des affaires. Outre le fait d’être épuisante, cette situation peut être valorisante pour l’ego, mais dans ce cas précis, ce patron est à lui seul la principale richesse de l’entreprise et s’il s’en va, il n’y aura plus d’entreprise, donc pas de vente possible… Une transmission réussie passe à l’évidence par un cédant éclairé qui aura intériorisé toutes les conséquences de la cession et elles sont très nombreuses (notamment au plan psychologique), qui aura optimisé sa situation personnelle et qui sera réellement prêt à être acteur dynamique de la transmission de toutes les valeurs matérielles et immatérielles de son entreprise.Une transmission réussie passe également par la préparation de l’entreprise elle-même qui devra gommer ses faiblesses, développer ses forces puis trouver et prouver un niveau d’autonomie suffisant pour supporter sans dommage le départ du patron. Ce sera aussi l’occasion de faire un grand ménage puisqu’elle sera auditée dans toutes ses fonctions et sur toutes ses facettes. Sans parler de home staging, ou par extension de factory staging, il faudra être en mesure de rassurer l’acquéreur et ses auditeurs. De plus, comme tout ne sera pas parfait, il faudra être capable d’expliquer chacun de ces écarts pour gagner et conserver la confiance de l’acquéreur.

Attention, ces aménagements prennent du temps et le facteur clé de succès déterminant est l’anticipation. À l’instar du sportif qui prépare ses compétitions très longtemps à l’avance, l’entreprise doit se mettre en état d’être bien vendue et doit maintenir ces bonnes conditions pour réussir ce challenge au moment opportun. C’est seulement une fois ces étapes franchies qu’il sera possible de dérouler efficacement tout le processus mécaniste conduisant de la mise sur le marché de son entreprise à l’encaissement de la totalité du prix de cession.

C’est dans cette approche systémique, donc pluridisciplinaire, où l’humain est le socle de la réussite, que Rhône Finance vous accompagnera efficacement de façon personnalisée.

Dr Guy Michoud – juillet 2018

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